| |
Les modèles organiques
de la conscience sont comparables à des vagues. Les choses arrivent à
maturité, se contrebalancent, atteignent leur point culminant et enfin
disparaissent. Il y a une fluidité provoquée par le changement
continu ; et de ces hésitations naissent les sources du désir
(en distinguant ceux qui sont mûrs, de ce qui s'estompent ou de ceux qui
ont disparus). Ce sont ces rythmes organiques, ces subtilités que l'art
fait fructifier et tire parti…
Les modèles mécaniques
suggèrent une efficacité continue ; un niveau de performances
mesurable de la production du départ jusqu'à la fin, quand, quelque
part, quelque chose (un morceau, une pièce) échoue ou se brise.
Les machines sont modulaires. Les pièces défaillantes peuvent
être remplacées. Elles n'en souffrent pas (pas encore); du moins
si nous considérons que les machines intelligentes sont dépourvues
de ressenti.
/***********************************************
Les nombres et les lignes ont beaucoup de charmes invisibles aux yeux des non-avertis,
et sont seulement découverts par les connaisseurs patients et respectueux
de l'art.
************************************************/
(E De Joncourt's 1762 quarto, On the Nature and Notable Use of the most Simple
Trigonal Numbers cité dans Babbage, Charles, Passages from the
Life of a Philosopher, p. 54)
main() {
Pendant des siècles,
la démarcation entre les arts et la science a été généralement
sacrée. Des stéréotypes idéologiquement distincts
se sont développés pour éviter une confusion entre les
deux camps. Le scientifique est le cerveau gauche, ordonné, soigné,
parfait, patriotique, raisonnable et logique. Ses cheveux sont courts ; son
comportement vif. L'artiste est passionné, intense, inspiré, émotif,
non linéaire, révolutionnaire et souvent fou. Ses cheveux sont
excentriques ; son attitude sauvage. En réalité, ces antagonismes
s'estompent parfois à la lueur d'une analyse minutieuse. Les disciplines
telles que la programmation sont supposées être froides, rigides,
sérieusement analytiques et antithétiques aux mondes symboliques,
ambigus, poignants, souvent excessifs de la poésie. D'une certaine manière,
c'est vrai : chaque discipline a des traits prédominants. Pourtant de
très grandes affinités existent entre la poésie et la programmation.
Toutes les deux sont basées sur un langage, hantées par la concision,
en évolution constante, modelées sur la conscience et sont impénétrables
par le candide (imaginez James Joyce entrain de lire C++). Chacune utilise un
langage entraînant des sauts et des boucles (itérations) ; elles
exigent une très grande concentration qui s'appuie finalement sur le
raisonnement tout en faisant appel à l'intuition ; enfin, elles partagent
étroitement l'objectif de retranscrire avec précision des réalités
complexes. Cependant, dans le monde contemporain, le nombre de langages humains
diminue, alors que les langages de programmation prolifèrent. Pour les
gens qui sont attirés par la manipulation de la langue, l'enjeu est de
s'orienter vers des disciplines innovantes, hyper-entropiques, et effrayantes
afin de créer un code machine. Les poèmes humains sont aux courriers
électroniques ou aux listes de fichiers ce que les poèmes d'ordinateur
sont aux compilateurs et à l'unité centrale. En intégrant
l'imagination éthique dans le code, une nouvelle génération
de poètes programmeurs est en train de donner naissance à des
formes hybrides qui dépassent de loin les dichotomies anciennes.
Afin d'examiner de façon
pertinente si la programmation a un lien de parenté avec la poésie,
il est prudent de s'interroger au préalable sur deux questions : Qu'est-ce
que la poésie ? Qu'est-ce-ce que la programmation ? Supposez que (pour
le moment) nous lisons à haute voix un poème qui figure sur une
page ou un écran. Chaque mot évoque un bruit et un sens. Il y
a un élément visuel externe : comment la poésie paraît-elle
? Il y a un composant sonore : comment la poésie retentit-elle ? Il y
a un composant visuel interne : quelles images évoque-t-il ? Il y a un
composant intellectuel : est-il bien construit ? Quelles idées ou quels
concepts traite-t-il ? Il y a un élément sensible (un sens viscéral
tactile): la poésie est-elle vraie ? Comment touche-t-elle sa cible ?
Et puis il y a une synergie globalisante tous ces éléments qui
se combinent mystérieusement pour créer une présence, une
énergie, une réalité vivante. En bref, il y a un nombre
infini de niveaux et de processus sensoriels impliqués dans la réalisation
d'une expérience qui s'appellera la " poétique ".
Ces mêmes processus
et niveaux sont-ils invoqués dans la programmation ou sont-ils inhérents
à cette dernière ? Évidemment, une série de distinctions
pourrait être faite (c.-à-d. où est le composant auditif
pour programmer le code ?). Néanmoins, ce qui persiste est à l'évidence
que ces deux disciplines sont en relation parfaite avec des langages systématisés
et symboliques, considérés par leurs praticiens capables de représenter
la vérité, la beauté, la conscience, et même l'amour.
Par exemple, en programmant une tâche automatisée telle qu'un lecteur
de textes pour aveugles, il est possible de parler de l'altruisme comme un aspect
de motivation de la programmation. Fondamentalement, ce qui distingue la poésie
et la programmation d'autres disciplines littéraires, c'est leur regard
mutuel sur le mot comme un talisman capable d'être un réservoir
pour la conscience. Dans la poésie, cette conscience est subtile et charismatique
; en programmation, elle est explicite et binaire. En programmation, cette foi
audacieuse dans les mots est évidemment manifeste du fait chaque programme
fonctionnel est une émulation de pensée qui par l'intégration
dans un appareil manipule la matière. En outre, la nécessité
d'évoquer l'identité à partir de l'inexistant est central
à la programmation ; l'intelligence digitale surgit du néant ;
elle a émergé de l'inimaginable ; c'est un produit volatil de
l'imagination sévère et de la volonté. Comme l'a indiqué
Kenneth Patchen, un poète pionnier du début du vingtième
siècle, visionnaire du concret, dans son travail intitulé Sleepers
Awake [1], "l'art ne doit pas
réfléchir la lumière, mais doit être une lumière…."
(Patchen 268). Vue sous cet angle, la poésie et la programmation sont
des activités consacrées à dissoudre n'importe quel résidu
de notre foi (propre à l'espèce humaine) dans notre existence
comme le seul dépôt pour la conscience.
En temps que programmeur
radical, Netochka Nezvanov (a.k.a. Antiorp) a écrit en ligne sur son
site http://www.m9ndfukc.org/korporat/=cw4t7abs.3nkod0r..0+2.html
:
Au début de la civilisation,
la pensée humaine était la seule ressource disponible pour traiter
l'information. Aujourd'hui, la capacité de traitement de l'information
est un trillion de fois plus grande grâce aux progrès faits dans
le domaine de l'électronique. Ces circuits électroniques ne nécessitent
pas les variables simples que le cerveau humain affectionne - pour eux, la complexité
du monde réel est aussi représentable que la sphère artificielle
pour le géomètre ou le tore pour l'analyste. Ils sont capables
d'aller là où la pensée toute seule ne parvient pas en
utilisant les nouveaux algorithmes [2]
qui simulent l'évolution.
Au début des années
90, Antiorp était connue pour avoir attaquer les listes de diffusion
avec des poèmes en ASCII. Dans certains de ses messages les moins acceptables
par les listes de diffusion, Antiorp a utilisé un modèle qui a
incité un commentateur à la comparer à la poésie
sonore qui résonne mal de Karl Schwitters (exemple : "Ursonate").
Elle efface souvent par plaisanterie des lettres aléatoires et les substitue
avec des symboles (typiquement un 'y 'sera substitué par un " !
") ; ou le code ASCII de la lettre peut être substitué, ou
le mot est condensé, ou encore 'k 'est utilisé à la place
de 'c '('korporate'). Les mécanismes entropiques de découpages
de morphèmes dans son style idiosyncrasique sont toujours étonnants.
Les ruptures dans la structure conventionnelle du langage s'organisent en spirales
très serrées selon une progression paradoxale non linéaire
[3]. Ce serait plus facile si le contenu
n'était pas aussi souvent contaminés par des questions de genre,
de technologie, d'industries militaires et de corruption. Idéologiquement
perverse par son adhésion fanatique à une fluidité qui
défie l'assimilation, la lecture de certaines des tirades entremêlées
en ASCII d'Antiorp doit être appréhendée de manière
telle que le langage sollicitent des centres nerveux de niveaux inférieurs
à ceux de la conscience normative.
Les signaux et les courants
du cerveau et du cœur, comparables aux bits et aux flots d'octets dans
le corps, qui souvent peuvent sembler, à notre identité consciente,
dépourvus de sens et hallucinants, ont été historiquement
un carburant riche pour des poètes. À l'époque où
Duchamp a introduit une toilette dans une galerie, Hugo Ball et un Kurt Schwitters
ont présenté des grognements, des grondements, des jappements,
et des sons gutturaux des langages imaginaires au cabaret Voltaire lors de leurs
représentations poétiques. Les manipulations des éléments
graphiques ont suivi, -- la page a évolué vers des horizons foisonnants
et féconds. Par la suite sous la pression humorale, déconstructiviste
et contorsionniste du postmodernisme, la poésie est devenue celle que
nous appelons aujourd'hui " la poésie ". Dans cette atmosphère
expansionniste, au milieu des années 80, Ray Kurzweil (un programmeur
renommé dans le développement de logiciels de reconnaissance de
la parole, et du premier scanner CCD à plat, etc.) a lancé Cybernetic
Poet, un programme de modélisation mathématique informatisé
qui émule une diversité de styles poétiques de façon
à générer spontanément de nouvelles créations.
En particulier, il se positionne à la limite d'un nouveau domaine de
création où la collaboration devient analogue au déclenchement
d'une forme génétiquement déterminée d'un processus
programmé (logiciel) qui développe alors le travail indépendamment
de son créateur. Ce mouvement perpétuel aurait enchanté
des théoriciens de la Renaissance. Ce type de logiciel constitue une
des caractéristiques du monde prometteur de l'Intelligence Artificielle
qui continue à progresser et qui remplacera probablement bientôt
la faculté créatrice de tous les humains.
Le jeu verbal d'Antiorp
sur les listes de diffusion est clairement une dérive évolutive
de la poésie concrète plus traditionnelle et humaine. Elles font
résonance à B.P. Nichol ou au " Wind " [4]
par Eugene Gomringer (source : http://www.webdelsol.com/Perihelion/p-theory.htm).
La transformation du contexte de telle sorte que les mots demandent un effort
pour être décodés à la fois en tant qu'éléments
visuels et que signifiants est la contribution primordiale apportée par
l'école de la poésie concrète. Analogue à cette
dispersion de la signification immédiate (dans un défi subtil
à la satisfaction facile encouragée par les produits des industries
du divertissement), le code machine évolue souvent de façons convulsives
en rupture avec nos modèles linéaires.
Par exemple, après
avoir souscrit à liste de diffusion d'Antiorp's, j'ai reçu un
e-mail commençant par :
// =_?
mot!vatd.adapt!v.bhav!our = funda.mentl 2 !ntell!genss
--learn!ng bhav!ourz - 3 parad!gmz (c.note 1)
-s!ngl.st!muluz.prezentat!on
---------------------------------------------------------------------|
-ekzposur. 2 relat!onz among. st!mul!
---------------------------| |
-ekzposur. 2 relat!onz b.tween rezpons.z +
st!mul! | |
Dans un déluge de
virtuosité [5], des messages de
styles semblables qui s'entrecoupent avec de longs échantillons de son
code informatique (combiné occasionnellement à des spasmes amers
d'invective politique) ont provoqué son éviction de plusieurs
listes de discussion. Elle a accompli le modèle typique de l'artiste
maniaque, du babillant obsessionnel, brûlant tellement fort avec l'incandescence
d'une inspiration enflammée qui provoque de temps en temps le mécontentement
des internautes : elle maintenait chacun éveillé face à
un spectre de réalité trop large. Sa progression non linéaire
a mis en péril les objectifs privilégiés que les listes
de diffusion techniques se sont assignées. A l'évidence, l'interprétation
linguistique nous suggère qu'Antiorp semble avoir une connaissance personnelle
des états poétiquement extrêmes (un indice précieux
dans son exclamation : "- ! juzt forget 2 eat.").
Pourtant la programmation
exige également (comme quelques formes de la poésie académique)
une très forte démarche logique. Une clarté extrême
et une précision absolue sont nécessaires pour perfectionner la
syntaxe et pour optimiser son fonctionnement. À cet égard, la
dichotomie qui résulte de l'analyse des poètes faite par Nietzsche
en termes de " courants apollonien et dionysien " doit s'incarner
dans le programmeur créatif, qui doit faire une synthèse entre
la ferveur imaginative et la rigueur logique. La qualité et l'ampleur
de beaucoup de programmation sont une preuve définitive de l'efficacité
de ce carburant synergique : imagination abstraite exploratoire et analyse rigoureuse
menant à la clarté de la pratique.
Une analyse sur la programmation
au début des années 60 "a démontré que tous
les programmes pourraient être écrits en utilisant uniquement trois
structures de commande" (Deitel & Deitel 61) D'abord, la structure
de séquence : la ligne suivante du code est lue après la ligne
précédente suivant un ordre séquentiel, mot par mot, ligne
par ligne comme nous procédons pour lire cette page. En second lieu,
la structure de la sélection : un choix est fait ; par exemple,
en ce moment, est-ce que nous continuons de lire ? Ou allons-nous procéder
à autre chose ? Si nous nous ennuyons ou si nous avons un rendez-vous,
nous arrêtons la lecture ; nous faisons un choix entre ses deux possibilités.
Troisièmement, la structure de la répétition ; exemple
: nous pouvons continuer de lire ce paragraphe jusqu'à ce que nous le
comprenions ou jusqu'à ce que l'exercice nous fatigue; en d'autres termes,
nous la relisons jusqu'à ce que la condition de la compréhension
soit satisfaite ou jusqu'à ce que nous soyons fatigués. En terme
de code pseudo-poétique, ceci pourrait être écrit comme
un type cryptique de pseudo-haiku :
Vous ne comprenez pas
donc lisez encore
à moins que vous soyez ennuyé ou
impatient
continuez
Fondamentalement ces structures
à trois commandes sont les modèles conceptuels fondamentaux pour
approcher la programmation, ou pour approcher la poésie (ou même
la neurologie). La structure séquentielle est fondamentale et
elle restitue la façon dont les lecteurs construisent des narrations
dans le flot d'une logique émotionnelle-intellectuelle. La sélection
est intrinsèque à l'augmentation du nombre de combinaisons dans
les réseaux de symboles, champs de résonance dont émerge
le sens. La répétition est une forme de chorale, de refrain,
répété avec une très légère variation.
Ces structures minimales nécessaires à la programmation sont remarquablement
cohérentes avec l'analyse littéraire. L'intuition peut être
comprise comme une excrétion fusionnée d'activités identiques
de modes d'identifications subconscients et répétés.
Les épiphanies sont les fruits mûrs que nos glandes cueillent dans
les vergers de l'intuition structurée.
A la périphérie
du développement de ces structures techniques et formelles, de grosses
entreprises ont fusionné autour des productions de la programmation.
Ces structures ont convergé vers une disparité typiquement malsaine
de la richesse. Adrienne Rich (poète, féministe, lesbienne) a
dit, "…si nous nous occupons de la liberté du mot, du langage
comme un courant libératoire et enfin de l'imagination, nous nous occuperons
de l'injustice économique." (Rich 165). Richard Stallman, le fameux
programmeur du MIT impliqué profondément dans le mouvement des
logiciels libres et qui a développé le GNU, est un exemple d'un
programmeur renégat profondément investi dans l'activité
qui dépasse l'hégémonie du matérialisme, et défie
la tyrannie du copyright. Stallman a commencé le projet de GNU en 1983
en annonçant, sur une liste de diffusion, son intention de créer
une alternative à l'onéreux système d'exploitation UNIX
et de le rendre en accès libre. Il a aussi sollicité l'aide des
autres. Tandis que les modes de comportement égocentriques sont certainement
opérants dans presque toutes les activités humaines, il y a ici
un pas conscient de franchise qui va vers l'unité, une conscience explicite
que tous les êtres ont le droit de participer à la production de
leur environnement, et que des ressources importantes devraient être partagées,
non gaspillées ou amassées. Ces soucis idéologiques sont
à un certain degré un brin thématique répandu dans
l'histoire de la poésie et de la programmation. D'après la définition
de Stallman, un logiciel libre c'est
…une question liberté
des utilisateurs pour exécuter, copier, distribuer, étudier, changer
et améliorer un logiciel. Plus précisément, ça se
rapporte à quatre genres de liberté, pour les utilisateurs du
logiciel :
La liberté d' exécuter le programme, quelque soit le but (liberté
0).
La liberté pour étudier comment le programme fonctionne, et de
l'adapter à vos besoins (liberté 1). Pour cela, l'accès
au code source est une condition préalable.
La liberté pour redistribuer les copies pour pouvoir ainsi aider votre
voisin (liberté 2). La liberté d'améliorer le programme,
et de faire part vos améliorations au public, de sorte que la communauté
entière en bénéficie (liberté 3). L'accès
au code source est une condition préalable pour ceci. (source : http://www.fsf.org/philosophy/free-sw.html
).
Stallman a été nommé "le prince Kropotkin du logiciel"
(une référence à l'anarchiste russe) dans une biographie
en ligne signée Nikolai Bezroukov. Plus ou moins apparenté à
Alan Ginsberg d'un point de vue formel et philosophique, et comparable à
Glenn Gould dans un style hermétique-obsessionnel, Stallman semble loin
du profil stéréotypé d'un scientifique technicien, logique
et puriste. Pourquoi ne pas libeller "poésie" son travail de
programmation et le considérer comme de l'art ? Il est socialement compatissant,
extraordinairement intellectuel, et vraiment imaginatif. Semblables à
celles de la composition d'une sonate de Bach, ces énormes programmes
de système d'exploitation sont des symétries intercalées
et entrelacées, évocatrices de la beauté structurale. Accomplir
un travail de la taille du GNU est comparable aux travaux réalisés
par Dostoïevski. Et à la différence du modèle artistique
contemporain d'auteur indépendant, le mouvement des logiciels libres
est un environnement de collaboration ; ce sont vraiment des créations
de collectifs.
Il est clair que dans certains
cas, la programmation est une poésie ; c'est un art ; elle implique une
fusion totale avec le langage comme l'énergie vitale, un langage comme
une entité vivante, essentiellement nutritive et malléable ; un
langage capable d'exprimer des modes de la conscience les plus élevés,
un langage comme une présence active qui peut transformer notre monde.
D'un point de vue physique, les torsions acrobatiques et les jeux de définition
rejaillissent à travers la surface des deux disciplines. Dans chaque
cas, les mots deviennent des véhicules de la conscience. Cependant, la
programmation arrivera-t-elle à apparier l'émotion du dévot
avec le ravissement et la luminosité du cœur de la poésie
? C'est comme si le descendant d'une créature d'une sensualité
extrême s'était détaché des excès de son ancêtre,
retiré en réaction à un style de vie rigide et dur. Une
logique sans intuition émotionnelle, une raison sans passion, un ordre
sans grâce : il est facile de stigmatiser la programmation comme un dérivé
sec et stérile d'une source de prospérité. Il est facile
de dire : la logique prive l'âme humaine de sa spontanéité,
stérilisant les germes de la créativité authentique, enterrant
ainsi le rayonnement de la spontanéité innocente sous une avalanche
obscène de produits technologiques. Néanmoins, parmi cette zone
de turbulence, il y a un petit espace où la programmation incarne l'essence
vivante de la poésie, et cette essence est mystérieuse, comme
un fleuve de mots évoquant des mondes, et peut-être cette terre
se trouve parmi ces mondes ; semi-autonomes et auto-reproductifs, nous sommes
des aspects d'une vaste fiction, un vaste projet tangible de programmation poétique.
return ; }
[1]
Sleepers Awake : " Dormeurs éveillés ".
[2]
Note du traducteur : " intermaths " dans le texte.
[3] Dans le texte : " decode into
thick paradoxical helixes of nonlinear agality "
[4] Note du traducteur - wind : vent.
[5] " virtuosic deluges of message
"
Le texte original peut-être consulté en visitant le site de David 'jhave |
 |
 |
|
who/what reads the code?
(0 réponses)
Krisztian Gabris, 16 janv. 2003 17:53 UT
|
|
|
Nota: les flèches jaunes ( ) indiquent de nouveaux messages mis en ligne depuis votre dernière visite.
|
|